D'une façon générale, il me faut bien avouer avoir une ligne éditoriale sensiblement portée sur la critique, et malgré la subtile légèreté qui la caractérise, il est sage de savoir parfois laisser la parole à l'accusé...
Je désire donc aujourd'hui rétablir un peu de justice en ce monde sauvage, et même si l'on peut difficilement qualifier les
japonais de diables, faisons-nous en tout de même les avocats.
A l'approche des présidentielles, dont on commence déjà à contempler les ridicules ébats sur nos écrans, on aurait bien envie de comprendre quelles recettes ils utilisent ici.
Je parle bien sûr du sujet phare qui nous préoccupe tous:
le SEXE la SECURITE.
Comme il est impossible de lister de manière exhaustives tous les points sur lesqueles nous aurions bien des conseils à recevoir, voici juste en vrac quelques highligts, comme on dit dans le monde corporate.
He Mademoiselle !!
A Tokyo, vous pouvez vous balader en mini juppe avec les seins à l'air à n'importe quelle heure de la nuit, vous ne susciterez rien de plus qu'une indifférence polie. Que de temps passé devant le mirroir pour rien...
Le vélo
Vous pouvez le laisser non attaché toute une journée, vous ne risquez rien, sauf peut-être de vous le faire faucher par un coréen (ou un chinois, ou un français, enfin par un connard d'étranger quoi).
Le cadenas le plus répendu ici est uniquement une espèce de cercle en métal fixé au niveau de la roue arrière, qui la bloque quand on le referme. La bonne blague...
Le métro, ou ailleurs
Histoire vraie: portefeuille perdu avec au moins 1000! euros en liquide, renvoyé au propriétaire avec un petit mot "je me suis permis de préléver les frais de port". Je ne connais personne qui n'ai perdu quoi que ce soit dans le métro sans le retrouver.
Et inutile de vous dire que le silence est de mise: écouter de la musique de merde sur son téléphone? Quelle drôle d'idée.
La propreté
C'est un sujet plus complexe qu'il n'y parait, et sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Pour faire simple, le résultat est qu'ici, on rammasse derrière son clébard, on ne fume que dans les endroits autorisés (surtout pas en marchant dans la rue!), on ne jette pas ses mégots, on est civilisé quoi.
Devant les clubs
En général, les videurs ont rarement à gérer tous ces relous de bourrés qu'on aime tant. Leur tâche est plutot de vous faire "chhuuuuut", avec le doigt sur la bouche, et force courbettes (si, si). Oui, devant les boites ici, on chuchotte, s'il vous plait.
La courtoisie et l'empathie
Je n'ai pas de mots pour décrire la prosternation d'un vendeur qui n'a pas ce que vous voulez. Courbettes, courbettes, accroupissage par terre, formules de politesse, sa journée est foutue, il partage votre peine et ne s'en remet pas, allez mon brave, c'est pas si grave.
Vous l'aurez compris: ici, le plus grand des danger n'est pas de finir égorgé pour une cigarette dans une sordide ruelle de banlieu, mais plutot de devenir comme Eux.
Alors pour que mon retour en France ne soit pas trop brutal, je fais tout mon possible pour garder de saines habitudes de vie au quotidien: je picole et je parle fort dans le métro, je terrorise les grand-mères et les jeunes filles, j'insulte les videurs et les serveurs, je chourave tout ce qui traine, et je pense bientôt acheter un dogue allemand pour miner le trottoir devant chez moi.